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Rebondir après un traumatisme

Par  18 février 2016

Le traumatisme est à double tranchant. Enfoui, il détruit, libéré il vous permet de vous élever. Les victimes de violences, de catastrophes naturelles, de maladies ou d’injustices ont souvent du mal à exprimer ce qu’elles ont vécu. La parole reste pourtant le premier pas vers la guérison. Voire la résilience.

A l’issue d’un traumatisme, parler est nécessaire pour s’apaiser et avancer.

Identifiez l’état de stress post-traumatique

Dans les trois premiers mois qui suivent un traumatisme, des symptômes d’un état de stress post-traumatique peuvent apparaître. Des reviviscences (souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement, cauchemars, flashback…), des réactions d’évitement (tentative d’éviter les souvenirs, pensées, sentiments, personnes, lieux liés au traumatisme), des altérations cognitives et émotionnelles (incapacité à se rappeler un aspect important de l’événement traumatique, croyances négatives persistantes et exagérées au sujet de soi…) et l’hyperactivation du système nerveux (irritabilité, excès de colère, comportement imprudent ou autodestructeur…).

« Mais on a tendance à ne pas vouloir parler du traumatisme, car on culpabilise de ce qui est arrivé », explique Fabienne Kraemer.

Parler : un premier pas

Analyser son traumatisme aide à le dépasser. Parler est essentiel.

Quelqu’un parmi vos amis, votre famille, et les personnes qui comptent pour vous peut vous écouter et vous aider. Les personnes qui bénéficient d’un bon soutien social ont plus de chances de voir l’intensité de leurs symptômes diminuer, rappellent des psychologues de l’Institut universitaire de santé mentale Douglas de Montréal.

Les personnes ayant vécu un événement traumatisant qui ne se confient pas à leurs proches peinent à assimiler l’événement et risquent de développer un état de stress post-traumatique. À l’inverse, parler à vos proches de l’événement contribue à mieux gérer vos émotions et à mieux les rationaliser. Cela constitue un grand pas en avant vers un rétablissement.

« Il ne faut pas les obliger à parler, mais libérer la parole », conseille Fabienne Kraemer aux écoutants.

N’hésitez pas à proposer et reproposer la parole, conseille la psychanalyste. Et si la personne se confie, n’émettez pas de jugements, restez factuel. Pas de « c’est horrible ce qui t’arrive ! »

« Il est essentiel de ne pas s’installer dans un statut de victime chronique, ajoute la psychanalyste. Cela implique un traitement à vie, une dévalorisation de soi, de la tristesse… » Certains peuvent même en tirer un bénéfice et s’y conforter.

La nouvelle vie

Si la parole libère, elle peut sauver et même permettre à la victime de rebondir sur ce traumatisme et d’envisager sa vie sous un autre angle.

Des recherches sur 287 Américains ayant subi leur première crise cardiaque montrent que quelques semaines après cet événement traumatisant, environ 50 % des sujets ont fait état d’« effets avantageux », le plus souvent un changement de valeurs et de philosophie de vie. Les chercheurs ont constaté, huit ans plus tard, que dans le groupe de ceux qui avaient perçu des bénéfices psychologiques, il y avait significativement moins de récidives d’accidents cardiaques et moins de décès.

Comment écouter ?

  • Dédramatisez
  • Restez factuel
  • Soyez bienveillant
  • Ne restez pas dans le déni
  • Entendre ne signifie pas que vous devez répondre, vous pouvez juste recevoir la parole
  • Vous pouvez ne pas vous sentir capable d’écouter, reconnaissez-le et orientez la personne vers des professionnels

Vous ne vous sentez pas encore prêt à parler ? Vous ne savez pas quel conseil apporter à une personne qui souffre d’un stress post-traumatique ? Relisez notre article sur les bienfaits de l’écriture.

Sources

  • Guide pour les personnes qui ont vécu un événement traumatique, élaboré par des psychologues canadiens
  • Institut universitaire en santé mentale de Montréal
  • L’impact psychologique des traumatismes et son traitement
  • Intervention de Liliane Daligand, responsable des urgences psychiatriques et d’une unité d’accueil de victimes au CHU de Lyon lors d’une journée d’étude autour des traumatismes psychiques.

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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