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La première gorgée de bière doit attendre

Par  5 février 2016

Les parents se questionnent souvent sur la manière de préserver leurs enfants des addictions. En matière d’alcool, notamment. Interdire, accompagner, montrer l’exemple d’une consommation modérée, ne pas boire d’alcool devant ses enfants… Quelle attitude adoptée ?

« Une position claire des parents par rapport à l’alcool et l’échange avec leurs enfants limitent les conduites à risque »

Dans un guide à l’attention des parents, la fédération genevoise pour la prévention de l’alcoolisme (Fegpa) estime que certaines postures parentales sont déterminantes pour la consommation des enfants. Ainsi, montrer l’exemple d’une consommation modérée, ne pas autoriser son enfant à boire avant l’âge légal et désapprouver sa consommation d’alcool engendrent une consommation moindre ou plus tardive des ados.

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Faire « goûter » l’alcool n’éduque pas

Une étude soutenue par l’Institut de Recherches Scientifiques sur les Boissons (Ireb) montre qu’après l’expérimentation de l’alcool, la première ivresse survient au cours de l’année suivante. Ainsi, plus tôt les enfants consomment de l’alcool, plus tôt survient la première ébriété. « Faire tremper » les lèvres de son enfant dans un verre de vin ou une flûte de champagne n’est donc pas recommandé. Imaginer qu’initier l’enfant est une manière de le protéger est une erreur : plus l’accès lui semble facile et permis, plus il ira et plus il a des risques d’avoir un rapport problématique avec l’alcool à l’âge adulte. Alors, tant pis pour les traditions familiales que les aînés souhaiteraient perpétuer : à Noël, à la communion ou à un mariage, l’alcool, c’est non !

A l’entrée en sixième, plus de 70 % des enfants ont déjà expérimenté l’alcool et cette expérimentation a lieu le plus souvent lors de réunions ou de fêtes familiales.

Alors, on arrête les apéros entre amis ?

Non, c’est votre posture par rapport à l’alcool, pas votre consommation qui importe. Certaines choses sont permises aux adultes et pas aux enfants, vous pouvez leur expliquer.  « Il semble aussi que la posture qui serait trop laxiste ou à l’inverse trop stricte et sévère sans expliquer pourquoi il n’est pas acceptable de boire de l’alcool à un âge trop jeune pourrait avoir l’effet inverse de l’effet recherché », explique Mickaël Naassila, professeur de physiologie et de biologie cellulaire dans le Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Vous pouvez évoquer les comportements à risque provoqués par l’alcool, les conséquences sur le développement de leur cerveau, et notamment leur mémoire.

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Et s’il est trop tard ?

Vous avez récupéré votre ado quelque peu aviné, après une soirée ? Exposez clairement vos attentes et dites-lui qu’il est responsable de sa santé et de ses actions. Ne lui interdisez pas de consommer de l’alcool, c’est contre-productif et inutile. Essayez de comprendre ce qu’il s’est passé et établissez avec lui des règles de conduite. Discutez avec lui et montrez-lui que vous lui faites confiance.

Arguments à l’attention des parents pour contrer les propos de leurs jeunes

  • L’alcool ne réchauffe pas : il procure une sensation de chaleur quand on l’absorbe, mais elle est de courte durée. A forte dose, il induit même une hypothermie.
  • L’alcool ne donne pas d’énergie : il ne stimule pas l’organisme, au contraire, il réduit le rythme cardiaque, la pression sanguine et ralentit le système nerveux.
  • L’alcool n’est pas un aphrodisiaque : à petite dose, il facilite les relations sociales. Mais à fortes doses, il trouble le jugement. Et comme il ralentit l’organisme, il diminue les performances sexuelles.
  • Prendre une douche ou un café pour dégriser ne sert à rien : la douche vous réveille, mais n’a pas d’impact sur l’alcoolémie. Pour dégriser, il faut attendre.
  • La bière, c’est de l’alcool : sa concentration en alcool est certes moins élevée, mais elle est servie dans de plus grands contenants.

Sources

  • Interview de Mickaël Naassila est professeur de physiologie et de biologie cellulaire dans le Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
  • Guide pour des parents éclairés sur la consommation d’alcool à l’adolescence de la Fegpa
  • Les effets de la consommation précoce d’alcool, document édité par Educ’alcool

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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