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Cancer : parler libère

Par  21 avril 2016

Chaque année, ce sont 350 000 nouveaux cas de cancer annoncés. Un chiffre qui diminue, tout comme le taux de mortalité. L’annonce reste un moment perturbant et selon l’Institut national du cancer, trois  personnes sur cinq déclarent avoir conservé des séquelles deux ans après le diagnostic. Il est nécessaire de ne pas surmonter cette épreuve seul.

Comment réagir au diagnostic ?

Le diagnostic d’un cancer est difficile à gérer. Que faire avec cette annonce ? La garder pour soi, la révéler à son entourage aussitôt ? Même s’il n’existe pas qu’une seule manière de réagir, Laure Rubinocci, la psychologue de Boddy vous donne quelques clés pour parvenir à passer ce cap afin de vous sentir mieux. Le premier conseil qu’elle délivre est de venir accompagné aux rendez-vous avec le médecin, car « la maladie ne doit jamais être annoncée à une personne seule ».

Accepter avant de se confier

Avant de parler, vous aurez besoin de faire un travail de deuil pour accepter votre nouvel état. Même s’il y a une guérison, vous ne serez plus jamais la personne d’avant, il peut y avoir une perte de la liberté. Il faut l’accepter. Cela peut être long. Choc, colère, marchandage – « vous allez vouloir continuer à vivre comme avant », explicite la psychologue – dépression, et enfin, l’acceptation. Comme pour le deuil d’un proche, ces étapes sont essentielles pour accepter et avancer.

Quand et à qui en parler ?

« Tout dépend de la personne. Certains auront besoin de s’isoler pour assimiler la nouvelle et ses conséquences », reconnaît Laure Rubinocci. Les spécialistes en cancérologie soulignent tout de même que parler, c’est se libérer d’un poids. Et c’est aller vers l’acceptation de la maladie et donc des traitements, surtout quand ils sont douloureux. Le bon interlocuteur dépend de vous. Peut-être sera-t-il préférable de parler des personnes moins investies émotionnellement que votre famille. Cela vous permettra de « travailler » cette annonce, d’acquérir une expérience qui vous permettra d’en parler à vos proches plus facilement. D’autres personnes auront besoin du soutien du conjoint ou des parents dès les premiers instants.

Aborder le sujet avec les enfants

Cacher la maladie à ses enfants n’est pas souhaitable. « Le corps parle, précise Laure Rubinocci, et l’enfant sent quand quelque chose ne va pas, il ne faut pas sous-estimer sa capacité à accepter la vérité, mais il est important de trouver des mots acceptables. » « Les parents doivent mettre le mot « cancer » sur la maladie et expliquer que certaines cellules du corps sont malades ou qu’une boule me rend malade. » Rassurer l’enfant est essentiel : « mon humeur va changer, je serai en colère ou triste, mais ce n’est pas à cause de toi. Dites-lui que vous l’aimez, que vous lui expliquerez les choses au fur et à mesure – « il est important qu’il ne se sente pas exclu, car cela est très angoissant pour lui », explique la psychologue. Maintenez une routine dans laquelle il continue de faire les activités qu’il aime.

Des groupes de parole pour le malade et ses proches

Des groupes de parole qui réunissent des malades sont animés par un psycho-oncologue une à deux fois par mois. Ils sont proposés gratuitement au sein des hôpitaux, des cliniques ou bien à l’extérieur, par des associations comme la Ligue contre le cancer. Sont abordés tous les sujets liés au cancer et à ses conséquences en fonction des envies et besoins des participants. Ils vous permettront d’échanger avec d’autres personnes malades et de partager leur expérience.

Sources

Les chiffres du cancer sur l’Institut Curie 

Contacts d’associations pour échanger et s’informer

Les associations qui animent des groupes de parole

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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