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Ne sous-estimez pas l’histoire du soir

Par  7 mars 2016

Il était une fois… C’est parti ! Fermez les yeux et laissez votre imaginaire – enfin, surtout celui de vos enfants – se peupler de héros, de dragons, de méchante sorcière ou de voitures qui parlent (!) Une démarche, à la fois plaisante et essentielle. Un des rôles principaux du conte est la construction psychique de l’enfant. Ne lésinez pas sur cet échange ; il est également un moment d’intimité entre parents et enfants.

Un monde imaginaire dans lequel se construit le réel

Mais pourquoi était-il une fois et toujours dans un royaume éloigné ? Dans le monde de l’enfant, la frontière entre vivant et inanimé, hommes et animaux, imaginaire et réalité est encore floue. A partir de ce monde là, transporté hors du temps (« Il était une fois… ») et de l’espace (« …dans un royaume aujourd’hui oublié… »), dans un univers décalé de sa réalité quotidienne, l’enfant va pouvoir projeter, les différentes problématiques rencontrées dès l’enfance. Au travers d’images symboliques,  les problèmes personnels (dépassement du conflit œdipien, affirmation de soi…) ou ceux en lien avec les relations familiales (rivalités fraternelles…) sont mis en scène dans les contes et apportent, à leur manière, des pistes pour les résoudre. Certains sentiments, difficilement acceptable pour l’enfant (agressivité, colère, jalousie…) sont déplacés dans un contexte imaginaire et donc plus facilement tolérable.

Mêler imaginaire et tracas de la vie quotidienne parle aux enfants et contribue à la construction de son moi, explique Laure Rubinocci, psychologue Boddy, spécialisée dans la prise en charge des enfants.

Et dans les contes, il n’y a que ça des difficultés  : la rivalité et la jalousie fraternelle dans Cendrillon, le rapport belle-mère/belle-fille dans Blanche-Neige, la difficulté de quitter l’enfance dans Peter Pan, la précarité dans le Petit Poucet, la question de la mort dans la plupart des contes… Bref, aussi farfelues qu’elles puissent vous paraître, ces histoires ont un sens profond et délivre un message essentiel. « Les difficultés font partie de l’existence humaine. Mais au lieu de fuir, le héros les affronte et finit par remporter la victoire « , commente la psychologue. Le message est parfois moins limpide : « Le petit chaperon habillé de rouge qui côtoie le loup et les chasseurs évoquent la curiosité sexuelle », analyse Laure Rubinocci. « Dans Jack et le haricot magique, il s’agit d’un récit initiatique :  il y a des étapes et surtout des épreuves à traverser où Jack va se servir de son intelligence pour battre le géant « 

http://www.psychologies.com/Famille/Enfants/Apprentissage/Articles-et-Dossiers/Il-etait-une-fois-selon-Disney/4Peter-Pan-De-triste-a-insouciant

L’histoire, un vecteur de message

Vous souhaitez aborder un sujet difficile avec votre enfant ? Les contes sont recommandés pour faire face à des moments compliqués. « Cela peut aider un enfant  qui a peur, qui vit des difficultés à l’école par exemple » Il peut voir, en s’identifiant au personnage de l’histoire, qu’on évolue et qu’il peut y avoir une solution. » La peur est un également aspect essentiel du conte : l’histoire lui donne une forme tangible qui la rend moins effrayante. « Cela permet de l’extérioriser, c’est un moyen d’en parler, de lui donner du sens », précise la psychologue. Et il n’y a pas que la peur. Le conte aide l’enfant à y voir clair dans ses émotions. Ainsi, dans l’album Grosse colère de Mireille d’Allancé, l’enfant découvre que la colère qui grandit en lui est comme une autre personne et qu’elle sort de lui pour aller mettre le bazar dans la chambre. C’est au moment où la colère s’en prend aux jouets que l’enfant lui demande de se faire toute petite. Jusqu’à disparaître. Dans Super sourde de Cece Bell, une petite-fille sourde équipée d’un appareil auditif réalise qu’elle peut entendre la voix de sa maîtresse dans toute l’école ; un vrai super pouvoir. Ce n’est plus un handicap, mais un atout. Mon cerveau a besoin de lunettes d’Annick Vincent, s’adresse aux enfants hyperactifs…Plusieurs problématiques rencontrées par l’enfant peuvent être ainsi symbolisées au travers d’un conte et de son héros.

Un moment parent-enfant irremplaçable

Et le message n’est pas le seul intérêt du conte ! « C’est important pour le rapport parent-enfant. Le moment de l’histoire est une expérience de plaisir partagé« . La psychologue conseille de ne pas priver d’histoire l’enfant puni, par exemple, « c’est un moment de temps calme qui invite à délier, notamment quand la communication est rompue, et apaise les tensions. »

Comment bien choisir et raconter une histoire ?

  • On peut commencer à lire des histoires à un enfant dès son plus jeune âge. À un an, on prendra un livre très simple pour lui en décrire les images, les couleurs.
  • Faites de ce rituel un moment chaleureux : installez-vous confortablement aux côtés de l’enfant avec une lumière douce et veillez à ne pas être dérangé.
  • Si vous êtes fatigué un soir, ne vous forcez pas en lisant de mauvaise grâce, raccourcissez l’intrigue 
  • Un bon conte doit être bref et poser simplement des questions essentielles concernant l’importance de l’amour ou de la considération de l’entourage, la peur de mourir…
  • Les intrigues doivent être simples et réserver des places équivalentes au bien et au mal.
  • Le dénouement peut être compris à différents niveaux ce qui permet de le relire et d’en saisir une nouvelle dimension ou d’en tirer un enseignement plus abstrait.
  • Faites des voix différentes pour chaque personnage
  • La tonalité, la douceur de la voix et les mimiques sont donc fondamentales pour faire entrer les enfants dans une relation de confiance et d’émotions partagées avec le conteur. Impliquez-vous
  • Alternez : un soir papa, le lendemain maman

Sources

Quand Disney se réapproprie les contes

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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