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Être payé à ne rien faire, luxe ou souffrance ?

Par  2 mars 2016

Au travail, il vous arrive d’arpenter les couloirs lentement pour aller à la machine à café, de surfer sur internet, de mettre du temps à réaliser vos tâches… De trouver le temps looooong ! Vous souffrez peut-être de bore-out (bore en anglais signifie « ennui »), un syndrome identifié en 2007, tout aussi destructeur que le burn-out. Moins avouable, mais aussi dangereux car s’ennuyer au travail accroît les risques de maladies cardio-vasculaires et peut conduire à la dépression. Il semblerait que ce soit le lot d’un tiers des salariés européens.

« Je passe mes trois heures de travail hebdomadaire à pipeauter des notes administratives, bidouiller de vagues rapports, jouer les GO pour délégations étrangères et hocher la tête en réunion. L’essentiel est de réussir à gaspiller son temps en prenant un air important ». Zoé Shepard, auteure de Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire – Comment faire les 35 heures en… un mois ! (paru chez Albin Michel en mars 2010), décrit avec humour une situation dont elle a souffert.

boreout

Souvent raillé, le bore-out est une vraie souffrance. Tout comme le burn-out, c’est un syndrome d’épuisement professionnel…mais par l’ennui. Tout aussi destructeur, il entraîne insatisfaction, épuisement, ennui, faible estime de soi et peut conduire à la dépression.

Il n’est absolument pas lié à une présumée paresse. Le bore-out concerne surtout les femmes qui travaillent dans le secteur tertiaire. Des profils généralement consciencieux, impliqués, diplômés du supérieur et sous-employés.

C’est souvent ce sous-emploi des compétences qui est le détonateur. Vous souffrez d’ennui, d’une absence de défis et d’un désintérêt pour votre travail ? Cela signifie que vous n’avez pas assez de travail, que vos tâches sont ennuyeuses ou pas à la hauteur de vos qualifications. Et le plus dur, c’est que contrairement au burn-out – signe de votre surinvestissement professionnel que vous pouvez brandir sans honte – le bore-out paraît beaucoup plus discutable. Presque honteux.

Petit test

  • Au travail, passez-vous du temps à des occupations personnelles ?
  • Êtes-vous sous-investi ou vous ennuyez-vous ?
  • Vous arrive-t-il de faire semblant de travailler alors que vous n’avez rien à faire ?
  • Êtes-vous fatigué le soir alors que votre journée n’a pas été stressante ?
  • Êtes-vous malheureux dans votre travail ?
  • Trouvez-vous que votre travail n’a pas de sens ?
  • Pourriez-vous finir votre travail plus vite que vous ne le faites ?
  • Avez-vous peu ou pas d’intérêt pour votre travail ?

Ce questionnaire a été élaboré par Peter Werder et Philippe Rothlin, deux consultants en management qui ont décrit le bore-out dans l’ouvrage Diagnose Boreout. Selon les auteurs, quatre réponses affirmatives à ces questions signifient que vous souffrez certainement de bore-out, ou êtes en passe d’y succomber.

Des stratégies pour paraître occupé

Pour feindre une activité permanente, vous étirez vos tâches. Celles qui pourraient ne prendre que trois heures prennent deux jours – cela évite de vous voir attribuer de nouvelles tâches tout aussi ennuyeuses. Vous faites preuve d’un pseudo-investissement – vous mangez le midi au travail ou prolongez les journées de travail le soir. Et vous êtes englué dans cette situation, incapable de demander de l’aide ou même de changer d’emploi.

Exprimez-vous

Pourtant, il est essentiel d’exprimer cette souffrance. Parlez-en à vos collègues, proposez-leur de les aider pour leur travail, interpelez votre supérieur ou consultez le médecin du travail. En dernier recours, envisagez de changer d’emploi.

Assurément, être payé à ne rien faire n’est pas un luxe !

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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