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Attentats : comment rassurer les enfants ?

Par  23 novembre 2015

Depuis les attentats du vendredi 13 novembre, chaque jour vient avec son lot de nouvelles. Toujours plus anxiogènes. En tant qu’adulte, vous parvenez à surmonter ces angoisses, mais qu’en est-il pour vos enfants ? Laure Rubinocci, psychologue spécialiste de l’enfant chez Boddy, vous conseille sur la marche à suivre pour les rassurer.

Vous vous dites que le drame et ses dommages sont passés et que vos enfants n’y pensent plus. Mais ne soyez pas surpris si dans quelques mois, à la suite d’un événement qui n’aura même peut-être aucun lien, les angoisses liées aux attentats ressurgissent. Ou s’ils commencent à vous questionner sur le sujet pour la première fois. Il est essentiel de poser les choses clairement pour répondre à leur questionnement.

« Ne lui cachez pas les faits, mais utilisez des mots qu’il comprend »

A chaque âge, une approche

Avant 6 ans, l’enfant ne comprendra la situation qu’en la raccrochant à son imaginaire, aux contes. Inutile d’évoquer des termes comme le « terrorisme », « Daesh » ou la politique…Mais on peut parler de “voleurs de vie”par exemple, de “soldats” ou de “guerriers” : mots que les enfants connaissent. Laure Rubinocci conseille de ne pas mentionner le terme “méchants” pour désigner les terroristes, car dans les contes, ils meurent et nous sommes alors en sécurité. Ce qui n’est pas le cas dans la situation actuelle. A partir de 7 ans, vous pouvez évoquer la mort, car “elle fait partie de la vie”, précise la psychologue. Mais les mots utilisés sont importants car ils peuvent avoir un écho particulier chez l’enfant. Préférez parler de “choses très graves”, plutôt que de “tuerie” ou de “situation horrible”. Il est important de rassurer les enfants, “d’aller vers du positif ». Lui dire que l’on est là pour lui, qu’il est protégé par ses parents à la maison et par d’autres personnes à l’extérieur. Comme les soldats qu’il voit dans la rue ou les agents qui vérifient les sacs à l’entrée des magasins.

Parler est essentiel

Quel que soit l’âge, il vaut mieux éviter la télévision qui peut montrer des images angoissantes. S’il est en proie à des questions, il ne faut pas lui dire qu’il est trop petit pour comprendre. “Taire les choses est très anxiogène pour l’enfant. Son anxiété peut alors engendrer des troubles d’endormissement ou encore la peur d’aller à l’école”, souligne Laure Rubinocci. Votre enfant sait qu’il s’est passé quelque chose et que vous êtes triste, si vous ne lui dites pas pourquoi, il pensera que c’est de sa faute.

Si vous ressentez beaucoup d’angoisse ou de la colère, “attendez pour en discuter avec votre enfant, « déchargez-vous » d’abord auprès d’un adulte”, prévient Laure Rubinocci. Calmé, vous pourrez  partager votre émotion sans transmettre votre stress à votre enfant. Dans ces situations, les parents doivent être des décodeurs pour leurs enfants, être attentifs à ce qu’ils entendent à l’école, ce qu’ils comprennent…

En restant à leur niveau de compréhension, vous devez donner du sens à la situation, cela les rassurera.

 

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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