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Le burn-out mieux reconnu

Par  22 février 2016

Le burn-out reconnu comme maladie professionnelle. C’est ce que souhaiterait intégrer Benoit Hamon, député socialiste, à la réforme sur le code du travail, qui sera présentée le 9 mars en conseil des ministres. Cette proposition vise à abaisser les seuils d’incapacité permanente partielle pour les victimes d’épuisement professionnel, afin d’assurer la reconnaissance à un plus grande nombre de victimes. En 2014 , seuls 300 cas ont été reconnus.

La souffrance psychique au travail serait susceptible de concerner 3 millions d’actifs, soit plus de 10 % de la population en activité.

Comment et pourquoi sombre-t-on dans le burn out ? Décryptage avec Catherine Martel, psychologue chez Boddy.

Le numérique m’a tué

Le gros changement de ces dernières années est la place accordée au numérique dans le travail. Il est difficile de ne pas être dérangé par un mail, une note, une recommandation, une info qui ne nous concerne pas, même la nuit ou le week-end.

On a le sentiment qu’il faut y répondre tout de suite, explique la psychologue, on ne peut plus déconnecter. Avant, on fermait le bureau le vendredi soir et on se remettait au travail le lundi matin.

Aujourd’hui, trois cadres sur quatre utilisent les nouvelles technologies de l’information et de la communication en dehors de leur temps de travail et 30% ne se déconnectent jamais. Or, selon une étude publiée en août 2015 dans la revue médicale The Lancet, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) augmente de 10% au-delà de 40 heures de travail hebdomadaire et de 27% à partir de 49 heures. C’est pour cette raison que le droit à la déconnexion a également été évoqué dans le cadre de la réforme du code du travail.

72% des 2,9 millions de cadres français considèrent que la connexion permanente améliore leur réactivité ; la même part estime que cela augmente leur charge de travail (étude de l’Apec réalisée en 2014).

Ce nouveau droit vous permettrait de ne pas répondre aux mails professionnels en dehors du travail, et surtout cela ne pourra pas vous être reproché car une protection juridique serait prévue. Des usages existent déjà à l’intérieur des entreprises qui «interdisent» à leurs salariés de se connecter à leur boîte professionnelle après une certaine heure. Mais cela reste rare.

Un cercle vicieux et infernal

Les victimes du burn-out – surtout des personnes impliquées et perfectionnistes – ne parviennent plus à se reposer car « en vacances, elles sont stressées de ne pas être au travail », explique Catherine Martel. Au travail, elles essaient d’en faire plus, mais cela ne produit pas de résultats. Un cercle vicieux et épuisant. La fatigue et le découragement s’installent alors durablement. Et quand la fatigue perdure, « tout part en vrille », reconnaît la psychologue. Problèmes nerveux, douleurs d’estomac, troubles musculo-squelettiques et se sentir fatigué, même après des vacances sont des symptômes qui ne doivent pas être ignorés car vous risquez de vous retrouver dans l’incapacité de travailler.

Comment s’en sortir ?

« Le premier pas est d’en prendre conscience », explique la psychologue. « Et à ce moment là, il faut être capable de faire une pause pour repartir, reconnaître que le système n’est plus performant. » Ensuite, il est essentiel d’écouter vos émotions, de respecter vos besoins de calme et de solitude.

Retrouvez nos conseils pour identifier et le burn-out sur ce post. 

Sources

Le droit à la déconnexion

Article de l’Opinion sur la reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle

 

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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