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Dire non, c’est être soi-même

Par  20 janvier 2016

Une sortie proposée par des amis alors que vous êtes fatigué, une tâche demandée par votre patron quand vous avez du travail en retard, une faveur requise par votre fils malgré un comportement détestable… C’est à ce moment-là qu’il faut dire « non ». Mais c’est plus fort que vous… Impossible de vous imposer et cela a tendance à vous stresser et à vous faire perdre confiance en vous. « Il est essentiel de savoir se faire respecter dans la vie, et le « non » est le symbole du territoire impénétrable que l’on définit autour de soi », rappelle la psychanalyste Fabienne Kraemer. Comment faire ?

« Dire non, c’est se faire respecter et se respecter soi-même »

Le « non » s’acquiert durant l’enfance

« C’est enfant que l’on apprend à dire non », précise Fabienne Kraemer. Vous a-t-on autorisé à le dire ? A-t-on ri de vos « non » ? « La gestion dépend en grande partie de comment votre « non » a été accueilli, a-t-il été respecté…  » Si dans l’enfance, votre « non » a été efficace, vous n’aurez aucun problème à le dire à l’âge adulte.

Dire « non », ça s’apprend

Il est parfois nécessaire de se rééduquer. « Il faut prendre conscience de ses limites, écouter ses émotions. » Vous pouvez définir ce qui est acceptable pour vous et ce qui ne l’est pas.Quelles sont vos priorités ? Avancer sur mon travail ou aider une personne à faire des travaux ? Dire non, c’est se faire respecter et se respecter soi-même. Avancez par étape, commencez par des situations qui n’ont pas un réel enjeu pour vous et affirmez-vous un peu plus chaque jour.

Quels sont les risques ?

De quoi avez-vous peur ? Estimez les risques et vous verrez qu’ils ne sont pas aussi terribles que vous vous les imaginez : « je lui refuse une sortie ? Mon ado va me détester. » Non, si vous lui avez expliqué, il va comprendre et apprendre à respecter les limites que vous lui imposez. Il est également important de savoir distinguer les gens de leur comportement, car c’est souvent la peur de vexer qui vous bloque.

Refuser une proposition ne revient pas à dire non à la personne qui l’exprime.

Avec un vrai « oui » on profite vraiment

Dîners de famille, soirées entre amis, sorties avec les enfants. Vous avez le droit de ne pas avoir envie. Un « oui » forcé vous empêche de profiter du moment et vous met dans un état d’esprit qui peut être désagréable à votre entourage. Vous avez le sentiment de ne pas être respecté et vous le vivez mal, alors que c’est vous qui avez donné votre accord ! Une sortie faite avec plaisir et conviction est beaucoup plus réjouissante. Une fois par semaine pour déjeuner dans la belle-famille, c’est trop ? Expliquez-le à votre conjoint, accompagnez-le une fois par mois et retrouvez le plaisir d’échanger avec ses parents.

Le « non » et sa justification

« Il n’y a qu’une façon de dire non c’est de le dire », assène Fabienne Kraemer. Pas de « non », modéré par un « mais ».  Un « non » est un « non », il ne se transforme pas en « oui ».  Il n’aurait pas la valeur du respect de l’avis de l’autre. Il est, cependant, parfois nécessaire de justifier son « non ». Face à un enfant : « c’est non, parce que… » Dans ce cas, expliquez votre « non ». Pour un enfant le non est quelque chose qui le construit qui lui donne un cadre, c’est essentiel. Tout comme il faut respecter le « non » des enfants mais leur demander aussi de le justifier. « Vis-à-vis d’un patron l’argumentation est encore plus essentielle, elle peut même précéder le non », conseille la psychanalyste. Expliquez d’abord les raisons qui nous ont amenées à devoir refuser.

Essayez au maximum de détacher le « non » de l’émotion, restez sur les faits.

Et au sein du couple, on dit « non » ?

« Il y a un « non » qui nécessite une nuance, c’est celui du refus de faire l’amour », précise Fabienne Kraemer, spécialiste du couple. On a bien entendu le droit de ne pas avoir envie de faire l’amour, et l’on peut dire « non, je n’en ai pas envie ce soir » et expliquer pourquoi, quand on le peut, sans mentir. « Mais il me semble essentiel de ne pas nier le contrat tacite du couple, dont la sexualité fait partie, car c’est une façon plus ou moins directe d’autoriser l’autre à faire l’amour ailleurs », met en garde la psychanalyste. Vous ne pouvez pas ignorer le désir de votre conjoint et lui demander de se débrouiller avec. « Dites  « non mais je te donne rdv : demain soir, samedi soir… » Dire « oui » et penser « non » est dangereux car c’est perdre la maîtrise de son propre corps et donc l’accès au plaisir ; et c’est mettre en danger sa sexualité.

 

Des inquiétudes sur votre situation ? Besoin de conseils ? Les psychologues de Boddy sont disponibles pour échanger avec vous et vous accompagner.

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